
19h30, quai de la ligne 2. Je m’attendais à un truc un peu dingue, peut être avec des ballons, des confettis et des nains déguisés qui nous offriraient des glaces à la pistache. Ah oui, en fait c’est juste cinq mecs qui chantent dans le métro, un peu comme ceux qui beuglent une chanson ringarde avec un fond de violon désaccordé, nous poussant irrémédiablement à doubler le volume de nos walkmans (Sony bien sur !). Jil a de la chance, il porte un mégaphone autour du cou. Pourtant il ne s’en sert pas. Je suis déçue. Le happening numéro 1 aura ramené quelques visiblement potes mais alors plein de photographes et de caméras. Ah les charognards : dès qu’un événement sort du commun, ils sont au taquet.
Don’t Walk Alone @ Upper East Studio + Galerie Eof

Résultat, on est beaucoup trop en avance pour la seconde étape et ça, on n’a pas du tout l’habitude alors c’est troublant. Et puis que faut-il faire, on ne nous explique rien, je ne sais pas qui joue ou et quand, comment on transite d’un lieu à un autre. Ah non ça ne va pas bien du tout. Heureusement, pour patienter, il y a le tournage d’un concert à emporter. Alors ça, c’est presque du happening dans le happening, de la mise en abîme du happening. J’ai mis du temps à comprendre ce qui se passait alors j’ai peut-être un peu pourri l’ambiance en criant dans mon téléphone à côté d’eux. Soirée étrange à l’Upper East Studio parce que l’atmosphère me fait penser à ce lancement de magazine glauque où on est monté à 4 sur un bmx violet. Et puis, j’ai un peu peur parce qu’il y a plein de gens que je n’arrive pas à replacer dans un contexte et eux non plus. Alors on s’observe.

Ouverture des Naive New Beaters qui nous expliquent qu’ils viennent de L.A., Baby (« It is true that there are angels in this city » répondrait Marion Cotillard). La principale différence avec Datarock, c’est qu’ils ont eu la décence de mettre des sous-vêtements. Je suis contente, eux, ont prévu des confettis. Sinon, c’est marrant tout le monde sautille, a l’air heureux (l’open bar, ça aide). Il y a des mini-guiches, des grandes connes, beaucoup de crevards (pour les mêmes raisons que l’air heureux), pleins de gens très beaux, qui portent des tee-shirts avec trop de couleurs.

La suite, très attendue, je ne l’ai pas regardée. Ca s’est pas mal vidé, alors lorsqu’Adam Kesher (vous savez, ils font semblant d’être un projet solo et en fait ils débarquent à six sur scène) découvre le désert de la salle, ils sont vexés et veulent que le public, leur public en fait, s’avance. Et là, dérapage, l’un d’entre eux, (comment savoir lequel, ils sont tellement), lâche « Mais vous êtes sourds ou quoi ? Rapprochez-vous ». J’aurais probablement dû rester, rien que pour constater la maladresse du chanteur (jamais un assureur ne voudra de lui !) mais il ressemble trop a une vague connaissance pour m’être sympathique.

Ensuite, ça se trouble un peu. Trop de vodkas et d’informations. En vrac : on se déplace, un mec dit s’appeler Otto mais signe Guillaume, Pedro Winter conseille Sarah Drama sur son set, Ana et ladite Sarah hurlent « Antoine » pendant 72% du live des petits Poney juste parce que c’est drôle, il y a des gens qui font exprès de m’ignorer et ça m’agace, d’autres sont beaucoup trop dignes pour s’amuser et lâcher prise (vous savez, les mêmes qui ne font pas pipi), on fume tous beaucoup parce que « profitons-en pour une fois que c’est permis »

Mon nouveau mot préféré est donc happening. Avant j’aimais bien dire potiron, mais je ne trouvais jamais l’occasion de le caser. Et comme j’ai décidé de faire de ma vie un happening (enfin ça va durer quatre jours cette lubie !) depuis je garde mon manteau de fourrure constamment (j’avoue que je fais pipi, en revanche je vous assure que je ne transpire pas !). Je fais des petits tours en le laissant ouvert lorsque je veux signifier aux autres que j’aime bien la musique. Et puis je me prends à rêver que je porte plein de noir sur les yeux, qu’un de mes doigts est coupé, que je fume des milliers de cigarettes, que je suis amoureuse de mon frère et lui aussi.


4 commentaires:
rien de pire que des artistes qui demandent qu'on les soutienne on stage...
c'est pas beau de demander de toute façon.
Rapprochez-vous merde, on est pas nombreux donc on va faire genre ambiance intimiste. Huhu
astana...gros anus...
Je pense qu'un artiste peut tout demander, c'est lui le chef.
Vachement classe Jean Bon. Merci!
Ouais, c'est ça d'être un artiste, c'est avoir la classe aussi !
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