lundi 12 mai 2008

Franz is Dead @ Le Motel - 06/05/08


Le vide d'une salle peut parfois virer à la prise d'otage psychologique. Un départ se fait forcément remarquer. On a vécu ça une fois à New York avec un groupe obscur du fin fond des Etats-Unis qui jouait avec les Neïmo. Personne n'avait eu la décence de rester pour eux a part Ana et moi. Je ne me souviens plus si nous avons insisté pour les regarder par compassion (auraient-ils joué devant une salle littéralement vide?) ou parce que les mecs étaient vraiment mignons. Quoiqu'il en soit nous n'avons pas du tout mais alors pas du tout ressenti ça devant Franz is Dead surement parce que la conjonction de la musique avec les intermèdes "blagues" était juste parfaite et rien n'aurait pu gâcher cela.


On se rend vite compte que derrière ce nom énigmatique, on va trouver exactement le genre de personnage qui nous plait : talentueux, humour macabre, intelligent avec une certaine propension à être désagréable (« qualité » que j’ai la chance de partager). Mais revenons à Franz. Qui est Franz ? Pourquoi mais surtout comment est-il mort ? Heureusement, Laurent, enfin Franz, enfin Franz is Dead, a plein de réponses à nous fournir. Dès l’adolescence, il joue dans différents groupes mais ne parvient jamais à s’épanouir totalement. Alors lorsqu’il se retrouve seul, il commence à enregistrer ses compositions sur du petit matériel tout archaïque. Il prépare soigneusement de jolies petites cassettes et écrit à la main la liste des morceaux dessus. Et puis vient myspace, l’explosion des groupes qui fautes de pistons se font découvrir par les geeks accro a leur écran. Franz is Dead s’enregistre, se met en ligne, se fait découvrir. En parallèle, il se trouve de nouveaux petits camarades, crée eLDIA, compose, écrit.


Ce qui m’a toujours fasciné c’est de voir la compartimentation dans la création. Je me suis toujours demandé comment les DA dans le prêt-à-porter pouvaient s’en sortir. L’exemple de Karl Lagerfeld est flagrant. Il a tellement pris racine chez Chanel qu’à présent il est Chanel et sa propre marque en pâtit puisqu’elle n’a aucun univers défini. A l’opposé Marc Jacobs réussi brillamment la propre ligne tandis qu’il a littéralement crée les codes du prêt-à-porter chez LV. J’imagine que le problème est le même dans la musique. Et c’est d’ailleurs ce que me confirme Laurent, enfin Franz, enfin Franz is Dead. Lorsqu’il écrit, c’est sans destination précise. Mais dans la mesure où les univers de ses deux projets sont bien distincts, il sait très vite dans quel petit tiroir il va ranger sa composition. Je me demande si Karl crée de la même façon. Ou peut-être se contente-t-il de mettre tout ce qu’il réussit dans le tiroir Chanel et les « peut-mieux faire » dans la poubelle Lagerfeld Galery.

Marc Jacobs, Laurent - enfin Franz, enfin Franz is Dead - même combat ? Réponse la semaine prochaine.

www.myspace.com/franzsolowork

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Bibliographie des indispensables

  • "Please kill me" par Legs McNeil & Gillian McCain
  • "Rip It Up and Start Again : Post-Punk 1978-1984" par Simon Reynolds
  • "Le dictionnaire snob du rock" par David Kamp & Steven Daly
  • "The dark stuff, l'envers du rock" par Nick Kent
  • "I'm with the band" par Pamela DesBarres
  • "Janis Joplin" par Jean-Yves Reuzeau
  • "No one here gets out alive" par Jerry Hopkins
  • "Lester Bangs, Megatonnique rock critic" par Jim DeRogatis
  • "On the road" par Jack Kerouack
  • "Oh, Hippie days" par Alain Dister
  • "San Francisco" par Barney Hoskyns

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