lundi 14 juillet 2008

Hooka Hey @ La Fleche d'Or - 2/7/2008

En rencontrant Hugo, on se rend très vite compte que c’est le genre de mec qui mange cinq fruits et légumes par jour. Vous voyez, il a cette image lisse et bronzée du mec West Coast qui boit de la Vitamin Water Rescue, sillonne la plage en rollers, sans tee shirt et se gave de magnésium en pilules. Réveillez vous de cet épisode érotique sur fond de Melrose Place. Hugo est New York. Le côté obscur de la force, le berceau rock. Lorsque le débat s’engage sur Gotam, la passion est vive (j’ai toujours rêvé de faire comme ces journalistes qui s’amusent à remplacer successivement Angleterre par Royaume-Uni, puis Albion puis Contrée des Hooligans). New York, ou Gotam donc, est la ville des passions ou la haine et l’amour que nous lui portons se heurtent jusqu’au jour où le rejet est si fort qu’on la quitte irrémédiablement.

Hugo est éclectique aussi. Comme New York en fait. Comme le supermarché ouvert 24 heures sur 24, les chaînes de lavomatic, les restaurants qui livrent à domicile et les camions de pompiers qui ne s’arrêtent jamais de faire retentir leurs sirènes dans la ville. Preuve en est la programmation de son festival. Feloche qui crient à l’ « electro-cajun », Lily Wood & The Prick qui étonnent lorsqu’ils branchent leur boite à rythmes, quelques teenagers qui rodent devant The Mantis et The Parisians. Le mojo est de rester Rock’n Roll. Et éclectique donc.

Comme cet album sorti en mai. Sentenza est mort dans une atmosphère à la William Blake, pendaison à la clef. C’est drôle, on n’a jamais autant remarqué les stickers Sentenza collés dans les toilettes du tout-Paris depuis qu’ils ont été recouverts par les autocollants Hooka Hey. Un album dans les bacs, on se renouvelle. A son nouveau, visuel et nom nouveaux. Comme s’enterrer pour mieux renaître. Plusieurs ambiances, climats viennent ponctuer un album brut, révélateur d’une volonté quasi obsessionnelle de sincérité et de sobriété. Pas de production chirurgicale comme on en retrouve chez ces groupes de Brooklyn qui jouent aux hippies en 2008 et sont propulsés au premier plan jusqu’au jour où on réalise qu’à un concert, les tables de mixages ne sont pas les mêmes que dans un studio d’enregistrement.

Enfin à la question «I say Paris rocks you say...» ? « Not so much », nous ouvrons une nouvelle parenthèse, celle de la citoyenneté du rock. Tout le monde en est conscient, la où le public anglosaxons hurle et se roule par terre, les français, dignes en toute circonstance, observent les concerts, les bras croisés, hochant poliment de la tête. Parfois quand c’est bien, mais alors vraiment quand ça dépasse tout ce qu’on a pu entendre ces cinq derniers jours (oui, nous sommes un peu blasés aussi) alors nous fléchissons nos genoux, l’un après l’autre, en rythme. Nous ne sommes pas un peuple spontané. Et qu’est ce que l’essence du rock ? Probablement une sorte d’instinct animal qui nous dépasse puisque nous rayonnons de dignité. Le monde se souvient-il des Stooges ou des Variations ?


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Bibliographie des indispensables

  • "Please kill me" par Legs McNeil & Gillian McCain
  • "Rip It Up and Start Again : Post-Punk 1978-1984" par Simon Reynolds
  • "Le dictionnaire snob du rock" par David Kamp & Steven Daly
  • "The dark stuff, l'envers du rock" par Nick Kent
  • "I'm with the band" par Pamela DesBarres
  • "Janis Joplin" par Jean-Yves Reuzeau
  • "No one here gets out alive" par Jerry Hopkins
  • "Lester Bangs, Megatonnique rock critic" par Jim DeRogatis
  • "On the road" par Jack Kerouack
  • "Oh, Hippie days" par Alain Dister
  • "San Francisco" par Barney Hoskyns

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